Inondations

Les débordements de la rivière Chaudière

Depuis toujours, à l’approche du printemps, la rivière Chaudière est source d’inquiétude, de désagréments, de pertes importantes, voire même de nombreux décès. Cependant, certaines années ont particulièrement marqué les annales à cause de l’importance des dégâts causés par son débordement.
Le 1er novembre 1850, la rivière Chaudière atteint son plus haut niveau connu. Suite à une bonne bordée de neige, la température s’adoucit, la neige fond rapidement et fait déborder la rivière. Les pauvres habitants de la Famine en souffrent cruellement car ils perdent animaux et moulins. En 1885, la débâcle est terrible.

Inondation hotel McGuire 1896

Inondation hôtel Maguire 1896

En 1896, c’est une véritable tragédie. Le secteur Est de Saint-Georges est partiellement détruit par des montagnes de glaces qui envahissent la 1re Avenue, défonçant les solages et renversant les maisons de bois…

Les ponts sont tous emportés, y compris le pont David-Roy, seul lien entre l’Est et l’Ouest. Les fidèles doivent écouter la messe par-dessus la rivière.

La débâcle 1896

La débâcle 1896

D’importants désastres sont aussi enregistrés en 1912 et en 1913.

Puis vient le déluge de 1917. Véritable catastrophe… La plus importante dans toute l’histoire de Saint-Georges. Tout débute par un orage d’une grande violence vers 13 heures le 31 juillet. Cet orage est suivi de 12 heures de pluies torrentielles et la rivière sort de son lit en plein milieu de la nuit. Le pont de la rivière Famine est emporté et rejoint 42 autres ponts et bâtisses qui s’écrasent contre le pont de Beauceville. Même le pont de fer est ébranlé et fermé à la circulation pendant plusieurs jours. Des maisons sont emportées, les récoltes sont perdues et de nombreux animaux périssent dans la rivière déchaînée.

Inondation 2e Avenue 1917

Inondation 2e Avenue 1917

Le chemin visible sur la photo est la 2e Avenue et non la 1re Avenue…

La débâcle de 1920 cause aussi de l’émoi. Il faut dire que les débâcles sont souvent spectaculaires mais relativement peu destructives.

Inondation 1e avenue 1928

Inondation 1re Avenue 1928

En 1928, la Chaudière sort de nouveau de son lit et les glaces dévastent tout sur leur passage. Elles recouvrent la 1re Avenue du village Morency à la Station. Des sentiers sont taillés dans la glace pour que les gens puissent circuler à pied.

D’autres inondations de moindre envergure surviennent en 1930 et en 1938.

En 1939, la rivière fait une véritable saute d’humeur. C’est qu’un embâcle qui se forme à la hauteur de la Station et l’eau monte rapidement, déborde dans les rues et envahit plusieurs édifices. Quand les eaux se retirent, elles déposent trois pouces de boue sur les planchers.

Inondation 1939

Inondation 1939

Il y eu aussi des débâcles prématurées, dont de très sévères en janvier 1929, en décembre 1940 et le 20 décembre 1957 où une partie de la première Avenue et les terrains de l’OTJ sont inondés.

En 1962, des études sont entamées par le Ministère des Richesses naturelles pour attaquer le problème de front. Les travaux commencent l’année suivante. On enlève des îlots du lit de la rivière et de puissantes machines sont mises à l’œuvre pour creuser ou élargir les chenaux. On élabore en même temps l’érection d’un barrage de rétention des glaces en amont de Saint-Georges. En 1965, on publie un plan d’ensemble des travaux remédiateurs de la rivière Chaudière pour le contrôle des inondations à la débâcle.

Le 3 avril 1967, quelques mois seulement avant le parachèvement du barrage Sartigan, la débâcle s’effectue violemment et la première Avenue de Saint-Georges est une fois de plus envahie par les eaux boueuses qui s’infiltrent dans plusieurs sous-sols.

En 1968, le barrage Sartigan, inauguré officiellement le 17 décembre 1967, fait ses preuves. Les glaces venant du haut de la rivière sont retenues pendant trois semaines à Jersey Mills et Saint-Georges échappe à l’inondation.

Au printemps 1974, une autre inondation cause de lourds dégâts.

Une autre débâcle au printemps 1976 cette fois. Ce qui rend cette année encore plus difficile, c’est que les 12 et 13 juillet ainsi que les 10 et 11 août, des pluies diluviennes causent elles aussi d’importants dégâts.

Inondation pont 1986

Inondation pont 1986

Les 30 et 31 mars 1986, la Chaudière sort de nouveau de son lit. Les dégâts sont très importants. L’avenue Chaudière et la 1re Avenue sont complètement inondées et remplies de glace. Ce débordement majeur cause plusieurs foyers d’incendie sur le territoire inondé. Cependant, trois feux majeurs viennent rendre le travail de tous les intervenants encore plus difficile. Il est possible de voir les trous laissés par ces pertes encore aujourd’hui, car le stationnement du vieux pont et celui de la Banque Royale ont été aménagés.

Inondation 1986

Inondation 1986

Les 7 et 8 avril 1991, le parc des roulottes ainsi que l’avenue Chaudière sont touchés, mais, comparativement à Beauceville, Saint-Georges est quasi épargnée. À partir de 1992, un comité pour le bassin versant de la rivière Chaudière est formé (COBARIC). S’ensuivent des rapports sur les mesures d’intervention à réaliser pour prévenir les embâcles, un plan de surveillance du débit de la rivière, une étude de modélisation du bassin versant… Les solutions issues de ces travaux sont mises de l’avant. Entre autres, on installe un niveau mètre sur le côté sud du pont. Les résultats sont concluants et viennent considérablement atténuer les ravages et les sautes d’humeur de notre fameuse rivière Chaudière.

Chaque année depuis, une surveillance étroite des glaces et du niveau de la rivière est effectuée. En 2005, l’eau atteint un niveau critique et l’état d’alerte est déclenché. Finalement, à part le parc des roulottes, la rivière n’a causé aucune évacuation.

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