Les autres ponts de Saint-Georges

Mis à part l’importante rivière Chaudière qui traverse Saint-Georges du sud-est au nord-ouest, quatre autres rivières coulent sur le territoire de la Ville. Il s’agit des rivières Famine, Pozer, Du Loup et Stafford. Le ruisseau d’Ardoise, qui passe en plein cœur du centre-ville, peut aussi être considéré comme un cours d’eau important de notre territoire.

La rivière Famine et ses ponts

La rivière Famine est une des plus importantes rivières de la région. À partir de 1679, elle accueille les Abénaquis, premiers habitants de Saint-Georges, qui s’établissent sur ses bords. Elle descend à la Chaudière dans une direction sud-ouest, avec un fort volume d’eau. Elle est accidentée de quelques grosses chutes (chutes du Diable et chutes Plamondon).

Au début, il y a deux ponts qui traversent la rivière Famine: le pont de la Famine et le pont du Marais. Ces ponts sont séparés par une terrasse. On rapporte qu’en 1842, le pont de la Famine a été emporté par les eaux.

En 1874, le livre des minutes mentionne à plusieurs reprises l’état pitoyable du pont. C’est en janvier 1875 que le conseil donne mandat à David Roy de construire un nouveau pont en acceptant sa soumission au coût de 2180.00$. Le gouvernement accorde un octroi de 1000.00$. En 1897, on effectue des réparations importantes au pont du Marais et au pont de la Famine.

Puis, en décembre 1900, on entreprend la construction d’un nouveau pont sur la Famine, construction qui s’achève en 1901. C’est un pont de fer.

En 1922 et 1923, des démarches sont entreprises pour la construction d’un autre pont sur la Famine. Celui-ci est terminé et béni en 1924. C’est un pont de fer qu’on nomme « pont Fortier » en l’honneur du député provincial Joseph-Hugues Fortier qui favorise l’octroi de 75% du coût de sa construction. Il a coûté environ 69 000.00$. C’est la compagnie « Phoenix Bridge de Montréal » qui livre le contrat. D’une longueur d’environ 500 pieds, le pont « Fortier » couvre dorénavant le Marais, la terrasse et la rivière Famine.

Pont Fortier 1954

Pont Fortier 1954

En 1966, juste après l’annexion du territoire de « La Station » par la ville, on demande au gouvernement de construire un autre pont sur la Famine car le pont Fortier est devenu vétuste, trop étroit et dangereux. En 1967, on inaugure le nouveau pont, un pont fait de béton. Il est deux fois plus large que le pont Fortier. Le ministère des Transports effectue des interventions mineures en 1983. En 1991, des poutres sont réparées. En 1994, on l’élargit à quatre voies. En 2005 et 2006, on procède à une réfection majeure en remplaçant entre autres le tablier et tout ce qui reste du pont de 1966.

Pont Famine 2005

Pont Famine 2005

La rivière Pozer et ses ponts

La rivière Pozer coule dans le secteur ouest de Saint-Georges. Elle se dirige vers le nord-est avant de se jeter dans la rivière Chaudière. C’est elle qui traverse le magnifique parc des Sept-Chutes. Le véritable fondateur de Saint-Georges, Jean-Georges Pfotzer, construit sur ces berges un moulin à farine en 1818. Ce moulin est démoli en 1960.

Le pont du Domaine est le premier pont de la Pozer à avoir existé. Il est situé tout près de la décharge de la rivière Pozer qui se trouve, elle, tout près de la rivière Chaudière. Sa construction date possiblement des années 1880 car en 1894 et en 1895, la municipalité procède à des réparations majeures et en 1898, on le reconstruit.

Pont Pozer

Pont Pozer

En 1913, les contribuables propriétaires du premier rang Aubert-Gallion exposent une requête au conseil. Ils demandent de changer le pont de place au moment de son remplacement, lequel doit s’effectuer dans un avenir très rapproché car le pont est menacé par la ruine. On y évoque entre autres, que tous les printemps, le pont est menacé de dommages par les glaces et l’eau et qu’il possède une très longue terrasse d’un arpent à entretenir. La construction débute en 1917 et un nouveau pont couvert est ouvert à la circulation en décembre 1918. Il est construit un arpent plus haut que l’ancien. On l’appelle le « pont rouge ».

Pont Pozer 1946

Pont Pozer 1946

En 1938, on demande un nouveau pont sur la Pozer mais ce n’est qu’en 1944 qu’on obtient l’autorisation du ministère. Le pont de 1918 est devenu dangereux. Son étroitesse est la cause de plusieurs accidents et sa hauteur nuit considérablement au transport moderne par camions. Le contrat est octroyé en 1945. Le pont est subventionné à 80%. Le reste, soit la somme de 3 700$, est emprunté par le règlement 134. Au fil des années, le ministère des Transports effectue des interventions mineures pour son entretien. En 1973, 1977, 1989 et 1990, les côtés extérieurs, les barrières et les perrés sont réparés.

En 1999, c’est la reconstruction. Le pont demeure au même endroit mais il est totalement refait. On l’élargit, à même les travaux d’élargissement de la Route 271. Le pont de 1945 est dynamité. Plus tard, dans le cadre des travaux de la Route verte, on installe une passerelle en dessous.

Pont Pozer 1999

Pont Pozer 1999

La rivière Du Loup et ses ponts

La rivière Du Loup se dirige vers l’ouest à la rivière Chaudière. En juin 1893, on procède au renouvellement du pavé en madriers d’épinette de trois pouces d’épaisseur et à l’ajout d’une croisée à chacune des arches fixées avec des boulons en fer. À la séance du 2 novembre 1896, la municipalité se voit réclamer un montant de 500$ pour dommages et pertes subits suite à l’écroulement du pont de la rivière Du Loup. Elle donne finalement au demandeur 300$ comme paiement final et conserve la voiture brisée.

En 1897, Louis Gendreau construit un pont de bois sur la rivière Du Loup. Ce pont est sujet à des réparations majeures en 1909.

Pont Louis Gendreau

Pont Louis Gendreau

Pont couvert sur la Du Loup

Pont couvert sur la rivière Du Loup

En 1911, on construit un nouveau pont de bois. Celui-ci est couvert. En 1921, la débâcle l’emporte. Le conseil veut construire un nouveau pont sur les culées restées là, mais l’ingénieur du gouvernement conseille plutôt de faire un pont temporaire, car les culées sont devenues trop défectueuses pour recevoir un nouveau pont. En 1926, ce pont temporaire est devenu tellement dangereux qu’on demande au ministère de la colonisation un nouveau pont en bois pour couvrir la rivière Du Loup.

C’est en septembre 1926 qu’on accepte la soumission au montant de 46 197.00$. On construira finalement un pont en acier, à poutre triangulée à tablier inférieur, avec travées d’approche de type Ponney-Warren. En 1975, de nombreuses pressions sont faites au ministère des Transports pour remplacer le pont. Finalement en septembre 1976, le ministère donne un contrat à une firme de Rock Forest au montant de 21 006.40$ pour exécuter certains travaux de peinture sur le pont.

Pont Du Loup 1990

Pont Du Loup 1990

C’est seulement en 1990 qu’on procède à son remplacement par le pont actuel en béton. Son emplacement est juste à côté du pont de fer. Dès qu’on l’ouvre à la circulation, le vieux pont est dynamité.

La rivière Stafford et ses ponts

La rivière Stafford se jette à la Chaudière sur notre territoire, un peu après avoir quitté la Paroisse de Saint-Martin. Ce qui la rend particulière, c’est la forte dénivellation par rapport au pont qui la recouvre.

À la séance du 1er août 1898, le conseil d’Aubert-Gallion adopte un procès-verbal concernant l’entretien du chemin de front du premier rang de canton Jersey ainsi que la construction et l’entretien du pont qui couvre la rivière Stafford. Tous les contribuables sur la Pointe Jersey seront dorénavant obligés d’aider à la construction et à l’entretien du pont pour tout le montant de leur évaluation. Plus tard, le 3 juillet 1906, ce procès-verbal est amendé par un règlement qui stipule que les propriétaires ne seront désormais imposés que pour la moitié de leur évaluation.

En novembre 1917, des procédures sont entreprises pour acheter le bois pour construire un nouveau pont. Celui-ci est prêt en 1918. Il a coûté 627.05$ en bois seulement. En 1920, le conseil passe un règlement pour taxer tous les résidents du premier rang Jersey afin de payer la somme de 372.02$, soit la moitié du bois de construction du pont plus la moitié des travaux d’entretien de l’ancien pont.

Pont Stafford

Pont Stafford

En 1930, on entreprend les démarches pour remplacer le pont existant. Ce n’est finalement qu’en 1934 que la construction s’effectue. Ce pont est élargi en 1984. C’est toujours le même pont aujourd’hui.

Le ruisseau d’Ardoise

Le ruisseau d’Ardoise se jette dans la Chaudière à la hauteur de la 120e Rue. Bien qu’il soit un petit ruisseau, sa situation au cœur du centre-ville lui donne un brin d’envergure. Il est couvert de quelques passerelles pour permettre aux gens de le traverser. Notons celle qui arrive derrière l’église de l’Assomption, celle du parc Rodrigue et celle de l’usine de tapis. Il y également le ponceau de la 127e Rue et ceux de la première et deuxième Avenue, celui-ci étant certainement le plus ancien étant donné qu’il est situé sur l’ancienne route nationale 23. Vers les années 1860, un moulin à carder la laine était opéré sur ses bords. Ce moulin, appelé « Moulin Brochu », a été démoli pour permettre la réalisation du viaduc, principal pont à traverser le ruisseau d’Ardoise.

Le 8 février 1950, à la séance du conseil de la Ville de St-Georges (1948-1990), on adopte une longue requête à être adressée au gouvernement provincial par l’entremise du député Georges-Octave Poulin, dans laquelle on demande un viaduc sur la 3e Avenue (aujourd’hui boulevard Lacroix). Parmi les nombreux attendus, on soumet la grande nécessité de relier les deux tronçons de la 3e Avenue.

Le 5 juin 1951, le conseil adopte une deuxième requête pour demander de mettre à exécution le projet d’un viaduc déjà bien accueilli et jugé raisonnable quinze mois plus tôt. Des travaux préliminaires d’arpentage et des plans sont déjà produits. La ville a fait l’acquisition des terrains nécessaires pour élargir le boulevard à 66 pieds sur toute sa longueur. L’église en construction s’ajoute aux motifs déjà invoqués. On adopte par la suite des règlements d’élargissement du boulevard.

Le 17 mars 1953, une résolution fait mention que le ministère de la Voirie a fait des travaux en 1952 et a procédé à des expropriations pour une somme dépassant les cent mille dollars. Ces travaux avaient été consentis et exécutés à condition que le ministère des Travaux publics construise un viaduc. On demande donc au ministre des Travaux publics d’ordonner le début des travaux durant l’année 1953 quitte à les compléter en 1954. Une fois de plus, cette requête n’apporte aucun aboutissement.

Le 7 juin 1954, le conseil tente à nouveau de forcer le ministère à démarrer le projet de construction tant attendu par la population et par de nombreux corps publics.

Finalement, en juillet 1955, plus de cinq ans après la première requête, les travaux débutent enfin. À sa séance du 12 août, le conseil procède officiellement aux remerciements des personnes du gouvernement impliquées dans l’aboutissement des démarches de ce pont viaduc qui est d’ores et déjà considéré comme un apport important pour le progrès de la ville. Le 6 septembre, c’est au tour du maire, monsieur Josaphat Poulin, à recevoir des remerciements pour sa ténacité, sa persévérance et ses efforts pour convaincre le gouvernement de la nécessité de ce projet majeur pour le développement de Saint-Georges.

Viaduc ruisseau Ardoise

Viaduc ruisseau Ardoise

L’inauguration officielle du viaduc se fait le lundi 21 novembre 1955 devant une cinquantaine de personnalités civiles de la région. Le boulevard Lacroix est enfin complet. Il rejoindra bientôt la route nationale à Jersey Mills, contribuant ainsi à la commodité de la circulation automobile, à l’embellissement et au progrès de la ville.

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